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Une Histoire du Terrorisme

Série-Documentaire - 3x60 mn - Partie 2 - Partie 1
Réalisation : Michäel Prazan - 2012


"Une histoire du terrorisme" retrace avec minutie les mécanismes de la terreur, ses moyens, ses cibles et ses objectifs. Série documentaire ambitieuse nominée au FIPA 2012, elle donne la parole aux protagonistes : anciens terroristes, juges, avocats et enquêteurs. Un document rare et essentiel pour mieux comprendre le monde et les événements tragiques que nous vivons en ce début de 21ème siècle, mais également décrypter les années à venir. Cette deuxième partie du documentaire de Michäel Prazan nous replace au début des années 1970 jusque dans les années 1990 avec l'accélération des prises d'otages, des détournements d'avions, des attentats ultra-violents de mercenaires téléguidés par des Etats du bloc de l'Est via le proche-orient. Mais la révolution iranienne de 1979 va tout changer.

Nous sommes le 30 mai 1972. Le monde est stupéfait. L'aéroport de Lod-Tel-Aviv en Israel entre tragiquement dans l'histoire. Le premier attentat suicide vient de se produire. 26 morts et plus de 100 blessés. Essentiellement de nationalité porto-ricaine. Revendiqué par le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), mais effectué par l'Armée Rouge Japonaise, il est le symbole de l'entrée dans une nouvelle ère du terrorisme. Des liens commencent à se tisser entre des groupes, des organisations et des Etats commanditaires, notamment à l'Est, via le proche-orient. Le FPLP sera durant cette période le centre de gravité des actions terroristes les plus violentes à travers le monde. Ses camps d'entrainements sont ouverts à l'ensemble des terroristes de la planète, notamment au Yemen et au Liban. Les détournements d'avions avec prises d'otages se multiplient. Les explosions d'appareils marquent une volonté de frapper les esprits. L'objectif est de promouvoir le concept de "révolution mondiale".

Septembre Noir

Les 5 et 6 septembre 1972, l'organisation terroriste palestinienne "Septembre Noir" prend en otage et abat 11 membres de la délégation israélienne à l'intérieur même du village olympique des J.O de Munich, en Allemagne. Le groupe réclamait la libération de 236 militants palestiniens et celle de deux membres de la Fraction Armée Rouge, dont son chef, Andréas Baader, ainsi que la très médiatique Ulrike Meinhof. 5 terroristes seront abattus lors de l'assault des forces anti-terroristes dans l'appareil qui devait les emmener avec le reste des otages jusqu'au Caire en Egypte. Parmi les membres de Septembre Noir figure un homme à multiples visages qui participera à de nombreux attentats en Europe dans les années qui suivent, et surtout en France. Son nom : Ilitch Ramirez Sanchez, plus connu sous le pseudonyme de "Carlos".

Une Histoire du Terrorisme - Partie 2

Le 15 septembre 1974, un homme grand et athlétique entre 25
et 30 ans lance une grenade dans le Drugstore Publicis sur le Bd
St Germain à Paris. Cet attentat fait deux morts et 34 blessés. Cet
homme, c'est Ilitch Ramirez Sanchez : Carlos.

Ilitch Ramirez Sanchez - dit "Carlos"

28 Juillet 1974. Alors que l'Armée Rouge Japonaise choisit de faire de Paris sa véritable base arrière pour ses opérations en Europe, les services anti-terroristes français procèdent à l'arrestation de ses principaux dirigeants. L'un d'eux, Yoshiaki Yamada, est arrêté à Orly. Le 13 septembre 1974, des membres de la branche Europe du FPLP exigent sa libération et prennent en otage l'ambasseur de France et le personnel diplomatique de l'ambassade à La Haye. Le 15 septembre, un homme grand et athlétique entre 25 et 30 ans lance une grenade dans le Drugstore Publicis sur le Bd St Germain à Paris. Cet attentat fait deux morts et 34 blessés. Il ne sera jamais retrouvé. Cet homme, c'est Ilitch Ramirez Sanchez : Carlos. Le 17 septembre, l'activiste de l'Armée Rouge Japonaise Yoshiaki Yamada est libéré et s'envole à bord d'un Boeing 707 avec les preneurs d'otages. L'attentat de Carlos aura été décisif. A compter de ce jour, les services anti-terroristes du monde entier vont traquer Carlos. Celui-ci est considéré à cette époque en France et dans le monde - avec Jacques Mesrine - comme l'ennemi public numéro un.

L'OPEP dans le viseur

Le 21 décembre 1975, une opération commando financée par le Colonel Kadhafi, avec à sa tête Carlos, Hans-Joachim Klein et Anis Naccache, capte l'attention du monde entier. Plus de 65 personnes de l'Organisation des Pays Exporteurs de Pétrole (OPEP) sont pris en otages à Vienne. Après de multiples négociations, les terroristes parviennent à obtenir un DC-9 et prennent la direction d'Alger avec 42 de leurs otages. 30 d'entre-eux sont alors libérés. L'avion partira ensuite à Tripoli en Lybie. D'autres otages seront alors libérés avant que l'appareil ne retourne à Alger où en échange d'une rançon le reste des otages échappera au pire. Carlos et ses amis obtiendront l'asile politique en Algérie avec des privilèges réservés aux invités d'Etat. Carlos quitterra ensuite l'Algérie pour se rendre en Lybie, puis à Aden au Yemen, où après une rencontre houleuse avec le dirigeant du FPLP, Wadie Haddad, il prendra ses distances avec l'organisation palestinienne non sans avoir subtilisé une bonne partie de la rançon obtenue pour la prise d'otages de l'OPEP. Soit près de 3 millions de dollars.

L'ère des mercenaires s'achève

1977. Alors que les mercenaires du terrorisme font la une des médias et donnent le vertige à tous les services spéciaux, les spécialistes des questions terroristes sentent bien qu'une page est en train de se tourner. En Allemagne, Andréas Baader et Ulrike Meinhof écopent de plus de 30 ans d'emprisonnement. Carlos, qui bénéficie de soutiens logistiques dans les pays de l'Est, et notamment de la Stasi Est-Allemande, reste toujours introuvable. Pourtant, loin d'en avoir fini avec lui, les services de renseignements se tournent désormais vers l'Iran où le régime du Shah vacille. Le pays s'apprête à tourner une page douloureuse de sa longue histoire. Le 11 février 1979, depuis Neauphle-le-Chateau, en Seine-et-Marne (France), le guide spirituel Iranien, l'Ayatolah Khomeini, engage une révolution qui va faire basculer l'Iran dans une implacable radicalité religieuse où la haine et le rejet de l'occident va tout emporter sur son passage. Les causes et les objectifs du terrorisme à travers le monde vont radicalement changer.

La virage de la révolution iranienne

Après l'exil du Shah aux Etats-Unis, l'Ayatollah Khomeini et les gardiens de la révolution - les pasdarans - prennent le pouvoir en Iran en 1979. La période de liesse sera courte durée. Le pays va vite plonger dans le chaos. En novembre 1980, après l'épisode de la prise d'otage des membres de l'ambassade US à Téhéran un an plus tôt, le régime iranien va lancer une guerre interminable de 8 années avec l'Irak de Saddam Hussein. Une guerre dont l'Iran et l'Irak auront du mal à se remettre et qui va rendre cette région hautement instable. C'est également à cette époque que les premiers gardiens de la révolution iranienne - qui avaient eux-mêmes reçu le soutien de dignitaires palestiniens pour préparer la révolution islamique - arrivent au Liban. Leur objectif : créer le Hezbollah. Cette organisation revendiquera en 1983 une série d'opérations suicides contre les Q.G français et américains à Beyrouth qui fera 350 morts. Le Hezbollah et l'Iran sont également derrière des attentats sanglants à Paris en 1986, sur fond de contentieux nucléaire avec la France. Parallèlement, venus du monde entier, mais notamment d'Iran, du Soudan, du Liban ou d'Algérie, les combattants du Jihad viennent à bout du puissant ennemi soviétique en Afghanistan. Certains d'entre-eux, dont Oussama Ben Laden, préparent alors leur futur croisade contre l'Amérique et l'Occident.

Edité par Christian WIEDERLE - © Docandfiction-tv.fr - 2018
© Michäel Prazan - INA - Doc-en-Stock - France.TV