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Une Histoire du Terrorisme

Série-Documentaire - 3x60 mn - Partie 1 - Partie 2
Réalisation : Michäel Prazan - 2012


"Une histoire du terrorisme" retrace avec minutie les mécanismes de la terreur, ses moyens, ses cibles et ses objectifs. Série documentaire ambitieuse nominée au FIPA 2012, elle donne la parole aux protagonistes : anciens terroristes, juges, avocats et enquêteurs. Un document rare et essentiel pour mieux comprendre le monde et les événements tragiques que nous vivons en ce début de 21ème siècle, mais également décrypter les années à venir. La première partie nous entraine dans les années de libération à partir de 1945, puis jusque dans les années 1970 avec les prémisces de ce qui est décrit aujourd'hui sous le terme de "Terrorisme".

Nous sommes à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les premiers mouvements de libération commencent à se soulever contre les empires coloniaux. En 1946, après l'horreur nazie, l'arrivée de milliers juifs et leur installation dans les premiers Kiboutz en Palestine, alors territoire de l'Empire Britannique, prépare le terrain d'affrontements sanglants. Les premiers activistes israéliens, regroupés au sein de l'organisation "Irgoun" commencent à faire parler d'eux. Leur chef de file n'est autre que Menahem Begin. Précurseur de l'Etat d'Israel avec Golda Meir et David Ben Gourion, il deviendra premier ministre israélien 30 ans plus tard. Leurs actions, parfois radicales, visent essentiellement les intérêts anglais. L'attentat de l'hotel King David, Q.G de l'armée britannique, qui fera près de 90 morts de toutes nationalités, précipite ainsi le retrait des troupes de sa majesté et la création de l'Etat d'Israël. C'est le début de l'exode des arabes de Palestine (près de 800.000) et l'enclenchement des interminables hostilités israélo-palestiniennes.

Les prémisces

Cette immigration massive palestinienne incite des mouvements radicaux - dont seront issus quelques années plus tard les premiers groupes armés palestiniens - à des actions contre l'Occident. Abdel Nasser, l'un des plus populaires leaders arabes des années 50, soutien d'abord leurs idées notamment via la Ligue des Etudiants Palestiens. Un certain Yasser Ararat, futur leader de ce qui deviendra "la cause palestienne", en est un des chefs de file. Mais la roue va tourner. La crise du Canal de Suez en 1956 et le retrait des troupes et de l'Empire Britannique, fait basculer les équilibres. Des idéologies, des organisations, jugées trop violentes ne sont plus les biens venues en Egypte. L'exode des Palestiens va continuer et contribuer à l'émergence d'actions de plus en plus violentes afin de faire entendre des revendications parfois légitimes, mais également souvent brouillées par de multiples et radicales considérations politiques.

Une Histoire du Terrorisme - Partie 1

De 1954 à 1961, les empires coloniaux se rapprochent de leurs
crépuscules. L'Empire Britannique, après de multiples batailles, vacille
et cède finalement en Inde face à l'incroyable force de persuasion d'un
homme : Gandhi. La France, elle, après quelques alertes dans l'immédiat
après-guerre, s'engage dans le long et douloureux processus de
l'indépendance de l'Algérie.

La fin des empires coloniaux

De 1947 à 1961, les empires coloniaux sont au bord du précipice. L'Empire Britannique, après de multiples batailles, vacille et cède finalement en Inde face à l'incroyable force de persuasion d'un homme : Gandhi. La France, elle, après quelques alertes dans l'immédiat après-guerre, s'engage dans le long et douloureux processus de l'indépendance de l'Algérie. Des noms émergent. Ahmed Ben Bella, Houari Boumédiène. Présents dès le début des hostilités à des postes clés de l'ALN (Armée de Libération Nationale Algérienne), ils vont structurer le conflit et rendre les actions de luttes de résistants ou résistantes plus efficaces face à l'armée française. L'une de ces résistantes, Zohra Drif, impliquée dans plusieurs attentats à l'époque, déclare à Michäel Prazan qu'elle "a posé elle-même de nombreux explosifs et qualifie ces actions d'actes terroristes dans le cadre d'un conflit militaire sans concession où les civils étaient directement impliqués et visés de part et d'autre".

La théorisation de la lutte armée

Acte de résistance pour les uns, crimes pour les autres. Le conflit algérien attise les tensions en France. Après le fameux "Je vous ai compris", à Alger, qui préfigure l'indépendance de l'Algérie, Charles de Gaulle échappe de peu à un attentat mené par l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète) en France au Petit-Clamart. Jean-Jacques Susini, co-fondateur de l'OAS, interviewé dans le documentaire de Michäel Prazan, confirme d'ailleurs "qu'il n'a jamais été directement impliqué dans l'attentat contre De Gaulle", mais ne nie pas non plus "qu'il s'agit bien d'un acte à caractère terroriste et qu'il a lui-même été au coeur de nombreuses actions qualifiées à l'époque de terroristes". L'arrivée des années 60, outre le début des "trente glorieuses", voit également emerger de nouveaux penseurs en matière de luttes armées. L'un d'entre-eux, Frantz Fanon, médecin et psychanaliste martiniquais, va littéralement devenir le "gourou" des thèses mais aussi des pratiques de différents groupes s'engageant dans la lutte armée à travers le monde. USA, Cuba, Bolivie. De nouveaux fronts apparaissent.

Cuba, Castro, Guevara

Les années 60-70 voient l'émergence de nombreux foyers de résistance. Partout, des contre-pouvoirs se mettent en place. De nouvelles figures apparaissent. Fidel Castro à Cuba, rejoint par celui qui deviendra l'un des symboles de la lutte armée sud-américaine puis mondiale : Ernesto Guevara (Che Guevara). Ils mettront à l'honneur le terme de "Guerrilleros" et développerons également le culte de chef de guerre révolutionnaire. Soutenus financièrement et militairement par l'Union Soviètique face au bloc occidental et notamment les Etats-Unis, Castro et Guevara pronent la lutte armée permanente. Dès 1965, Cuba et la jungle Bolivienne deviennent ainsi de véritables centres de formation pour les révolutionnaires du monde entier. La mort de Guevara en 1969 en Bolivie et la révolution cubaine servent de modèles. Action Directe en France, l'Armée Rouge au Japon, les Brigades Rouges en Italie, Fraction Armée Rouge en Allemagne, vont faire des années 70 une véritable mise en pratique de la lutte armée avec une violence assumée.

Un changement d'époque

1967. Guerre des six jours. Israël et l'Egypte s'affrontent sur fond de conflit palestien. Deux mouvements vont alors émerger dans le cadre de la lutte de "la cause palestienne". Le Fatah de Yasser Arafat en 1967, proche des thèses maoistes, puis le FPLP, de Georges Abache en 1968, fortement marqué par les thèses marxistes, vont mener la vie dure à tous les services de renseignements occidentaux. En France, Mai 68 met le pays en ébullition. Aux Etats-Unis, en 1969, sur fond de guerre du Viet-Nam, des mouvements comme celui de "Malcom X" (pro-marxiste) pronent une lutte armée acharnée contre la culture américaine dominante afin d'installer le "Black Power". Ce qui provoquera les foudres du FBI et de son incontournable Directeur J. Edgar Hoover, qui qualifiera Malcom X et ses actions de lutte armée d'actes terroristes. L'assassinat du pasteur Martin Luther King, qui prônait pourtant la non violence, ne fera qu'accentuer les tensions d'une Amérique profondément divisée. La mort du "Che Guevara" en Bolivie, en 1969, marque également l'échec des luttes de libération et d'une certaine idée de la Révolution. C'est concrètement la fin d'une époque. Celle qui va venir, celle des attentats aveugles et du terrorisme international, s'annonce terrifiante.

Edité par Christian WIEDERLE - © Docandfiction-tv.fr - 2018
© Michäel Prazan - INA - Doc-en-Stock - France.TV