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Sacrifice : Du débarquement

à la libération de Paris

Documentaire - 90 mn - TF1
Réalisations : Isabelle Clarke - Daniel Costelle - Frédéric Lumière - 2014

A l'aube du 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie pour libérer la France et l'Europe. C'est l'invasion. Hitler dort et personne n'ose le réveiller. L'histoire est en marche et ne s'arrêtera qu'à Berlin. 70 ans après la plus grande machine de guerre jamais conçue par l'homme, Isabelle Clarke et Daniel Costelle dévoilent pourtant un angle souvent méconnu du grand public à propos des bombardements intensifs des alliés sur la Normandie. Des bombardements massifs et souvent imprécis que de nombreux historiens qualifient aujourd'hui encore de "Sacrifice"...

Isabelle Clarke et Daniel Costelle nous livrent avec le documentaire de guerre "Sacrifice" un angle nouveau et souvent méconnu du grand public sur les bombardements massifs des alliés en Normandie le 6 juin 1944. La ville de Caen, totalement détruite, et quelques autres points stratégiques du territoire national, ont ainsi payé un lourd tribu. Un récit en temps réel, des images d’archives - parfois totalement inédites - mises en couleur et restaurées de manière magnifiques, nous plongent 70 ans en arrière dans un déluge d'espoirs et de drames.

Immersion totale

En immersion avec ces milliers de civils et militaires, mais également avec des personnages clé du conflit : Dwight Eisenhower, Winston Churchill, ou leurs intimes comme Kay Summersby, chauffeur du général Eisenhower, les témoignages voient leurs portées décupler. Depuis le premier jour de l’opération Overlord jusqu’à la Libération de Paris le 25 août 1944, Sacrifice nous montre à l'état brut ce qu'a réellement été la plus grande machine de guerre jamais conçue par l'homme.

Un saut dans l'inconnu

Isabelle Clarke : "Pour Daniel et moi, le débarquement, l'invasion de l'Europe, constituaient à ce stade de la guerre des sacrifices indéniables. Le titre de notre document devenait alors une évidence. Tant pour les alliés que pour les
populations civiles normandes. Même si tous ces soldats ont été préparés durant des mois, l’appréhension est forte pour le jour J. La date du débarquement a été reportée plusieurs fois pour des raisons de tempête et de fortes houles sur la côte normande. Le trac se mêle à l’impatience. Einsenhower le sait. Let's Go. Il faut y aller. L'ensemble du haut commandement allié sait également que le sacrifice à faire pour libérer la France sera terrible. Les prévisions font état de milliers de morts, notamment dans la population civile. Les soldats, eux, ne se doutent pas de l’ampleur du risque qu'ils vont prendre. C'est un véritable saut dans l'inconnu.
Le conditionnement qu'ils ont subi durant des mois pour faire face à l’ennemi allemand décuple leur envie d'en découdre. Une haine monte, perceptible dans
les images. L'anxiété et la détermination se lisent sur leurs visages.

Sacrifice: Du débarquement à la libération de Paris

Les soldats ne se doutent pas de l’ampleur du risque qu'ils vont prendre.
C'est un véritable saut dans l'inconnu.
Le conditionnement qu'ils ont subi
durant des mois pour faire face à l’ennemi allemand décuple leur envie
d'en découdre. Une haine monte, perceptible dans les images. L'anxiété
et la détermination se lisent sur leurs visages
.

Omaha - Utah - Sword en "live"

Daniel Costelle : "Un témoin du film explique que le terme de "libération" de la France est surtout une belle histoire créée pour la presse. Les soldats, eux, sont plutôt venus "pour tout démolir". Il ajoute même que les Allemands vont être "tués comme ils n’ont jamais été tués". Evidemment, tous les soldats ne sont pas à son image et la plupart des jeunes hommes sont pétrifiés. A les voir monter sur les barges, nous ressentons un véritable malaise. Lequel d’entre eux va
s’en sortir ? Même après avoir visionné maintes et maintes fois ces images, impossible de s’habituer. Les opérateurs de l’armée filmaient au milieu des troupes. George Stevens, un réalisateur hollywoodien déjà célèbre à l'époque (Une place au soleil, Géant...) les dirigeaient. Certains deviendront de grands metteurs en scène, comme Samuel Fuller par exemple..."

Des photos pour rien

Daniel Costelle : "D’autres images viennent de correspondants de guerre comme le journaliste Jack Leeb qui filmait en couleur. Le célèbre Robert Capa était dans la première vague d’Omaha Beach, la plus meurtrière. Avec son appareil, il a pris plus de deux cents photos en plein coeur du carnage d'Omaha. Un courage exceptionnel. Mais pour rien. La majorité de la pellicule a été détruite par mégarde par un opérateur au moment du développement. C’est sans doute la plus grande tragédie de l’histoire de la photographie ! Seule une dizaine de photos ont été sauvées. On peut les voir dans le documentaire."

Kay Summerby : Ike en plein coeur

Daniel Costelle : "Kay Sommersby, à la fois chauffeur et maîtresse de Dwight Eisenhower, a énormément compté dans sa vie. En l'épaulant souvent durant le conflit, elle a contribué à l’effort de guerre. Une véritable histoire d’amour, déchirante, les a unis. Son rôle est très émouvant. Personne n’avait jamais montré ou parlé de cette situation. Eisenhower a d'ailleurs fait enterrer tous les papiers relatant leur relation secrète dans une tombe anonyme d’un cimetière militaire. Lorsqu’ils seront retrouvés, nous pourrons peut-être connaître sa version de l’histoire."

400.000 militaires - 50.000 civils

Daniel Costelle - Isabelle Clarke : "70 ans plus tard, il faut se rappeler qu’un sacrifice énorme de jeunes gens a permis de nous libérer. 400 000 militaires américains et Allemands, 50 000 civils ont payé de leurs vies le débarquement en Normandie. Il fallait leur rendre hommage. Ces images poignantes, les cameramen allaient les chercher au plus proche des combats. Ils ont tout filmé. C’est terrifiant. Certaines choses n’ont pas pu être montrées. Des images qui nous arrivent en noir et blanc, mais aussi muettes. Des films de 1944 abimés, fatigués, et que nous avons réussi à rendre plus neufs qu’avant grâce aux nouvelles technologies. Une bénédiction. Uniformes, visages, matériel, environnement, herbe… Aucune couleur n’est mise au hasard. Une équipe d’historiens et de techniciens a renseigné tous les plans, sans exception."

150 heures de rushes

Daniel Costelle - Isabelle Clarke : "Le son a été réalisé par Gilbert Courtois. Un collectionneur spécialisé dans la Seconde Guerre mondiale. Tout ce que l’on entend dans le film est par conséquent authentique. A force de détails, l’histoire est incarnée. Frédéric Lumière a travaillé une année en amont, puis nous avons pris le relais pour encore six mois de travail. Au total, Sacrifice a représenté cent cinquante heures de rushes, cinquante heures d’étalonnage en noir et blanc, six semaines de restauration d’image avant la mise en couleur, douze semaines de colorisation avec 1340 plans mis en couleurs et - un record - 120 000 masques créés pour coloriser ces plans."

Edité par Christian WIEDERLE - © Docandfiction-tv.fr - 2018
© Isabelle Clarke - Daniel Costelle - CC&C - Louis Vaudeville - TF1