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De la drogue dans nos assiettes

Documentaire - 52 mn
Réalisation : Sylvie Deleule - Rémy Burkel - 2013


C'est prouvé. La faim n'a plus vraiment d'importance dans nos habitudes alimentaires. Ce qui prime aujourd'hui, c'est le goût. La combinaison de ce que chercheurs et industriels du secteur alimentaire appellent les textures. Dans certains laboratoires de recherches spécialisés on parle de produits "palatables". Autrement dit, une combinaison de textures et de molécules auxquelles vous ne résisterez pas et qui vous rendront "addict". Masterchef absolu dans ce domaine : le sucre.

Vous avez faim ? Oui. Et bien en fait peut-être pas. Vous avez besoin de goût. Notre cerveau est ainsi fait qu'il possède une zone de récompense. Tu as bien travaillé, alors je vais te donner ton goût préféré. Voilà, c'est fait. C'était bon... N'est-ce pas. Tellement d'ailleurs que j'en reprendrai bien encore. Et voilà. C'est l'engrenage. L'addiction. Catastrophe. Rien à voir avec la faim. Notre zone satiété n'est toujours pas satisfaite. Nos habitudes alimentaires se dérèglent. Surpoid, obésité, déclenchement de maladies associées : diabète, hyperlipidémies, artéroscléroses, cancers, et au bout de la chaine plusieurs millions de décès prématurés chaque année dans le monde entier.

Tout se joue dès la naissance

En matière de goût, tout commence dès la naissance. A seulement 3 mois, le nourrisson installe ses préférences. Et très vite, c'est le sucre qui lui paraît le mieux correspondre à ce qu'il cherche. C'est un besoin naturel chez l'homme. Cette molécule envoie un signal d'énergie dans la zone du cerveau concernée, celle de la récompense. Bref, cette addiction, car il s'agit bien d'une addiction, une drogue, elle ne date pas d'hier dans notre consommation alimentaire. Mais comment empêcher les enfants de se ruer sur le sucre ? Pas facile. D'autant qu'ils garderont souvent cette addiction toute leur vie. Le sucre n'est vraiment pas l'ami que l'on croit.

De la drogue dans nos assiettes

Au début du siècle en France, on consommait 5 kilos de sucre par an et
par habitant. On en est aujourd'hui à près de 58 kilos. C'est l'overdose
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Tous responsables

En 10 ans, la consommation mondiale de sucre par habitant et par jour est passée de 2200 à 3000 kilo-calories. En 30 ans, la consommation globale par an et par habitant a été multipliée par 3. Au début du siècle en France, on consommait 5 kilos par an et par habitant. On en est aujourd'hui à près de 58 kilos. C'est l'overdose. Au sens propre du terme. En terme d'addiction. Même si les industriels du secteur alimentaire n'ont pas ouvert leur porte aux auteurs de ce documentaire, au même titre que les fabricants de cigarettes l'ont fait voilà des décennies pour d'autres enquêtes, ils ne sont pas les seuls responsables.

Nous devons activer notre faculté de résistance

Dès notre entrée dans un supermarché, nos sens sont activés. Goût - Vu - Odorat. Tout est fait pour stimuler la fameuse zone de récompense. Si vous racheter un produit, c'est d'abord parce que sa texture vous convient. C'est ce que nous définissons comme le goût. Mise au point par des laboratoires et des services spécialisés comme une clé magique donnant accès à notre cerveau, la combinaison de textures, de molécules, de couleurs, d'odeurs et d'arômes donnent un produit "palatable". Comment ? Palatable. Votre palais, je dis bien le vôtre, apprécie ce côté irrésistible. Nous sommes plusieurs milliards à consommer du palatable. Et le palatable se fabrique souvent avec 3 ingrédients base : sucres, sel, graisses. Une véritable décharge pour notre cerveau et les problèmes évoqués plus haut pour nos pauvres petits corps. Mais quoi qu'il en soit, nous devons aussi activer notre factulté de résistance. Nous sommes responsables de ce que nous ingérons.

Des décisions pas forcément très "palatables"

Peut-on encore échapper à toutes ces textures ? Oui. Et il est grand temps. 1,4 milliards de personnes en surpoid dans le monde, 500 millions d'obèses. Gouvernements et politiques peu ou pas vraiment concernés. Hormis quelques taxes sur les boissons sucrées. Et surtout très peu de contraintes imposés aux industriels de l'agro-alimentaire. Dixit les lobbies. Certains addictologues parlent même de dissimulation des preuves. Mais que fait Bruxelles ? La question récurente. Pas mal de paperasses et beaucoup d'air pour évacuer certaines postures et décisions pas forcément très "palatables".


Edité par Christian WIEDERLE © Docandfiction-tv.fr - 2017
© Rémy Burkel - Sylvie Deleule
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