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Apocalypse : Hitler - Partie 1

Série Documentaire - Apocalypse - 90 mn
Réalisations : Isabelle Clarke - Daniel Costelle - 2011


20 Avril 1889 - 30 Avril 1945. Ces dates peuvent paraître anodines. Elles correspondent pourtant à la naissance et à la mort de l'homme qui a fait basculer le monde dans l'apocalypse entre 1939 et 1945. Cet homme, c'est Adolf Hitler. Tout semble avoir été dit et vu sur la vie de cet illustre inconnu né
en 1889 à Braunau en Autriche-Hongrie. Pas vraiment. Connaître son enfance et l'amour qu'il portait à sa mère... Connaître sa jeunesse et ses rêves brisés par un père autoritaire et alcoolique... Connaître sa plongée dans l'horreur de la guerre 14-18 qui marquera sa vision du monde, sa volonté de domination et de revanche sur la vie... Connaître son extraordinaire pouvoir d'éloquence devant des foules immenses totalement subjuguées... Connaître tout celà, c'est aller plus loin. Dans ce qui fait l'essence même de ce personnage hors-norme. Personne n'y croyait. Et pourtant tout était dans Mein Kampf (Mon Combat). Adolf Hitler a écrit en 1924 ce qu'il allait faire. Il a fait ensuite ce qu'il avait écrit. 55 millions de morts peuvent en témoigner. Les autres n'oublieront pas.

Qui était vraiment Adolf Hitler ? Aujourd'hui encore, personne n'a de certitude sur sa véritable psychologie. Une chose est sûre. Toute son enfance, son adolescence et son entrée dans l'âge adulte ont été marquées par des ruptures multiples. Elles ont forgé un personnage hors-limites, insaisissable, multi-facettes, et surtout terrifiant. Hitler pouvait être à la fois un tribun exceptionnel en plein délire devant des foules subjuguées et en même temps un personnage très solitaire plongé dans un monde intérieur sombre, cruel et sans aucune âme. C'est ce personnage froid et glacial qui écrit mot pour mot en 1924 dans Mein Kampf "Mon Combat" ce qui sera le coeur de la doctrine Nazie. La première partie de la série documentaire d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle est à ce titre éloquente.

Swastika

Adolf Hitler naît à Braunau (Autriche-Hongrie), le 30 Avril 1889. Son père, Aloïs Hitler, est fonctionnaire des douanes. Il est aussi notoirement alcoolique et violent. Sa mère, Klara, avec qui il aura toujours de bonnes relations, est le seul socle sur lequel il peut s'appuyer. Quelques années vont passer. Un parcours hors-norme s'apprête à émerger d'une enfance qu'il vivra en demi-teinte. Doté d'un certain talent pour le dessin, enfant de coeur le dimanche, Adolf Hitler découvre pour la première fois au fronton d'un édifice religieux la fameuse "Swastika", symbole antique en forme de croix inversée préfigurant de bons augures. Considéré comme facteur de bien-être et de sérénité pour les civilisations précolombiennes, égyptienne et indienne, ce symbole va se transformer 25 ans plus tard en vecteur de haine et de rejet au coeur de ce qui sera le drapeau emblématique de l'Allemagne Nazie. Un drapeau dessiné par la main même d'Adolf Hitler alors qu'il s'apprête à prendre la tête du NSDAP (National Sozialistische Deutsche Arbeiter Partei - Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands). Abbréviation : NAZI. La messe est presque dite.

Hitler et sa mère

Couvé par sa mère à laquelle il voue un véritable culte, repoussé par son père qui ne voit rien de bon en ce rejeton chétif et craintif, Hitler commence à tisser son destin. Autant il n'oubliera jamais sa mère puisqu'une photo d'elle a été retrouvée auprès de lui dans le bunker où il s'est suicidé en 1945 avec Eva Braun, autant il détestera toujours son père au point de détruire totalement le village de celui-ci lorsqu'il demandera aux troupes du Reich d'annexer l'Autriche en 1938. Ce perpétuel affrontement entre le bien et le mal, le père et la mère, la haine et la faiblesse, le Reich et les autres, forgera son psychisme jusqu'à sa mort. Un psychisme qui entraînera l'humanité dans l'abîme d'Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Mauthausen... Son suicide en est d'ailleurs la preuve. Hitler ne s'est pas rendu. Le mal pour Hitler, ce sont les autres.

Apocalypse Hitler - Partie 1

Ce perpétuel affrontement entre le bien et le mal, le père et la mère, la
haine et la faiblesse, le Reich et les autres, forgera son psychisme
jusqu'à sa mort.

Munich

Après la mort de son père en 1903, Hitler se rapproche encore plus de sa mère.
Mais les revenus baissent. La santé de Klara décline. Elle mourra à son tour en 1907. Désespéré par ce décès, le jeune Adolf se retrouve livré à lui-même et décide à 18 ans de partir à Vienne avec son maigre héritage pour entrer aux Beaux-Arts. Recalé à plusieurs reprises lors de l'examen d'entrée, il en gardera une rage permanente contre les institutions. S'enchaînent alors les années de galère. La pauvreté s'installe. Faute de mieux, pour se payer des places à l'Opéra et assouvir sa passion pour Richard Wagner, il dessinera de très nombreuses cartes postales de la capitale Autrichienne pour les touristes. Non sans un certain talent d'ailleurs. Alors que son héritage défile à vitesse grand "V" et que les obligations militaires se rappelent à lui, Adolf Hitler prend la décision qui va bouleverser son destin. Il quitte l'Autriche pour se rendre en Allemagne. En Bavière. Et plus précisément à Munich.

14-18 : Le déclencheur

Eté 1914. Les bruits de bottes se font entendre de chaque côté du Rhin. L'assassinat de l'Archi-Duc d'Autriche François-Ferdinand par un nationaliste Serbe allume la mèche d'un conflit qui durera 4 ans et fracassera le Monde. Enthousiaste à l'idée de se battre et trouver une issue à sa vie de bohème, Hitler rejoint l'armée du Keiser Guillaume II. Il a 26 ans. La souffrance des combats, la boue, la vie et la mort, la haine de la France, l'antisémitisme et sa rage de revanche durant 4 ans, vont finir de forger le personnage qui deviendra le Führer. Décoré de la plus haute distinction militaire Allemande "La Croix de Fer", gazé en Octobre 1918, il sera finalement soigné à l'arrière du front, puis démobilisé. Lorsque l'Armistice est signé le 11 novembre 1918, Hitler ne peut pas le supporter. Il n'est pas le seul puisqu'une bonne partie des anciens combattants allemands, frustrés d'une victoire probable et détestant la France, seront ses premiers auditeurs lorsqu'il arranguera les foules quelques années plus tard en qualité de leader du parti NAZI.

Les humiliations ne s'oublient pas

A partir de 1919, le Traité de Versailles impose des conditions de réparations extrêmes au peuple Allemand. La faim, le froid et l'inflation galopante en 1923, précipitent le pays dans le néant. La tentation communiste depuis la révolution bolchévique de 1917 est grande. Les affrontements entre communistes et nazis sont violents. Malgré l'installation d'une République, dite de "Weimar", le nationalisme monte dans le pays. Les alliés et surtout la France s'acharnent à pratiquer des humiliations constantes sur la population. Une fois au pouvoir en 1933 et jusqu'à la fin de la guerre, Hitler et les Nazis ne les oublieront pas. Ces humiliations constituent le terreau sur lequel reposera toute la haine et le ressentiment d'Hitler envers la France, mais surtout envers les Juifs, que les nazis persécuteront et extermineront en Allemagne d'abord, dans les pays envahis, puis dans les terribles camps de la mort. 6 millions de personnes n'en reviendront jamais.

Mein Kampf (Mon Combat)

Après voir été emprisonné en Février 1924, Adolf Hitler, agitateur notoire et putchiste raté, aurait pu tombé dans les oubliettes de l'Histoire. Mais son emprisonnement est pour lui une bénédiction. Attentif à ce qui se passe à l'extérieur et aux difficultés sociales des allemands, il en profite pour peaufiner un ouvrage qui reste encore aujourd'hui très indigeste. Ses notes ont été dictées à son ami et secrétaire Rudolf Hess. Le titre, bien trop long, est repris par les services de celui qui deviendra le chef de la future propagande Nazie : Joseph Göebbels. Dès sa sortie de prison et sous couvert de mea-culpa, Hitler voit le premier tome de son ouvrage paraître en décembre 1924. Echec et mat. Le public n'accroche pas. Dix ans plus tard, il imposera obligatoirement "Mein Kampf" à tous les Allemands. 80 millions d'exemplaires seront écoulés et feront d'Adolf Hitler un homme très riche. Le nom de "Mein Kampf (Mon Combat)" vient de s'inscrire dans la mémoire de l'Histoire. Pour le pire. L'illustre inconnu devenu Führer de l'Allemagne s'apprête alors à engager le monde dans l'abîme.


Edité par Christian WIEDERLE - Docandfiction-tv.fr - 2017
© Daniel Costelle - Isabelle Clarke - CC&C - France.TV