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14-18 : Le bruit et la fureur

Documentaire - 102 mn - Infrarouge
Réalisation :
Jean-François Delassus - 2008

14-18 : le bruit et la fureur. Un récit poignant et totalement effrayant sur l'absurdité de la guerre. Des documents couleurs inédits et des sons d'origines donnent à ce documentaire un relief très contemporain. La réalisation de Jean-François Delassus et l'assistance d'Annette Becker, historienne et spécialiste de la première guerre mondiale, permettent également de mettre en avant les conséquences dramatiques d'une telle déflagration tout au long du 20ème siècle. Et probablement encore jusqu'à nos jours.

"La réussite principale de ce film réside dans sa capacité à expliquer la contradiction incroyable de cette guerre", confie Annette Becker, historienne et spécialiste de la première guerre mondiale. "Comment des hommes ont-ils pu souffrir autant et pourtant continuer pendant quatre ans à participer massivement à cette guerre ? Une situation vécue et acceptée par tous les belligérants, sur toutes les lignes de fronts, des combattants aux civils sur le front domestique. C'est tout bonnement incroyable".

Il fallait faire cette guerre

Dès la fin de la guerre, les idées pacifistes l'emportent. L'horreur du conflit prédomine. Comme une volonté d’occulter l’impensable, l’idée même d’avoir pu supporter cela aussi longtemps paraît inacceptable. Pourtant, comme le précise Annette Becker, "il faut se rappeler qu’au départ et pratiquement pendant toute la durée du conflit, nombre de belligérants, volontaires pour certains, consentants pour beaucoup, étaient résolus à faire cette guerre."

14-18 : le bruit et la fureur
"On a souvent dit que cette guerre était devenue mondiale avec l’entrée en guerre des Américains. Pourtant c’est faux.
Elle l’est dès le départ
",
tient à préciser Annette Becker.

Dès le départ une guerre mondiale

"On a souvent dit que cette guerre était devenue mondiale avec l’entrée en guerre des Américains. Pourtant c’est faux", tient à préciser Annette Becker. "Elle l’est dès le départ. 14-18 voit s’opposer des pays européens qui, à l’exception de l’Allemagne, possèdent tous de grands empires coloniaux qui se sont joints au conflit dès le début. On peut d’ailleurs dire que l’Allemagne est entrée en guerre parce qu’elle rêvait, elle aussi, de posséder des colonies et qu’elle a perdu ce conflit faute d’en avoir."

Colonies et civils payent cher

"C’est aussi grâce aux ressources de leurs empires (humaines et économiques) que la France et la Grande-Bretagne ont pu remporter la victoire. Le racisme dont faisaient preuve les Allemands à l’égard de ces mêmes troupes à l'époque, même si les autres n’en étaient pas exempts, peut
également expliquer l'issue finale du conflit", reprend Annette Becker. D'autre part, bien que les violences soient le fait de toutes les guerres, ce conflit instille une nouveauté. Les exactions systématiques perpétrées à l'encontre des civils sont légions. Tous les territoires occupés sont concernés. La plupart d'entre-eux vivent une guerre atroce. En particulier les femmes restées seules. C'est d'ailleurs un aspect du conflit mal connu du grand public."

Les premiers génocides

"En marge du documentaire, poursuit Annette Becker, il est important de mentionner que l’exaction ultime reste celle pratiquée par les Turcs envers “leurs ennemis intérieurs”, les Arméniens. Même si ce n’est pas à imputer directement à 14-18, les Turcs profitent en effet de cette période pour déporter et assassiner environ un million et demi d’Arméniens. Une extermination pour laquelle Raphaël Lemkin invente, en 1943, le terme de : génocide." Un génocide toujours réfuté par les autorités turques et sans cesse réaffirmé par la communauté arménienne de par le monde. Un des multiples exemples des conséquences dramatiques de la déflagration de 14-18 tout au long du 20ème siècle et probablement encore jusqu'à nos jours.

Edité par Christian WIEDERLE - © Docandfiction-tv.fr - 2017
© Jean-François Delassus - Programme 33 - France.TV